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1-3- Livres de base sur le soufisme, les règles de la Tarika Tijania et son fondateur Sidi Ahmed Tijani (12 publications)
 
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13- Al Kawkabou El Wahhaj : L’astre abrasant..........

 

•  Document de 200 pages , dans lequel l'auteur a expliqué le livre de l'érudit Abdelkrim Bennis, intitulée « Dourratou Et Taj Wa Ojalatou El Mohtaj » (le diamant de la couronne et la feuille de route du disciple tijani). L'auteur a traité le soufisme en général, la voie tijanie en particulier, l'importance d'avoir un Sheikh complet, le secret d'interdiction de la visite des saints dans la tarika tijania, le secret des rites tijanis ainsi que celui des invocations d'Allah. 

L'auteur a commencé par expliquer ce qu'est la « Bassmala » (au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux) et que toute parole importante doit l'adopter en « en-tête ». Tout texte ne commençant pas par la « Bassmala » est lépreux, n'a aucune importance et doit être rejeté. Il a expliqué la « Bassmala » des points de vues signification, logique, calculs secrets et autres. Il a ensuite traité le soufisme et l'a défini comme étant ( ÇãÊËÇá ÇáÃãÑ ) l'obéissance aux ordres divins et l'esquive de ses interdictions ( Çáäåí ÇÌÊäÇÈ ), à la fois dans le fond de l'individu ainsi qu'au niveau de son apparence, pour satisfaire à Allah et non pas à soi même.

Le gnostique Sidi Abdelkader El Fassi a défini le soufisme dans son livre « Miftahe Es Shifa » (La clé de la guérison) ( ãÝÊÇÍ ÇáÔÝÇÁ ) comme étant une rupture pour et vers Allah et un oubli du monde et de ses garnitures. A l'époque du prophète, tous ses compagnons disposent de ces qualités, mais après leur disparition, seuls les gens qui conservent ces critères sont appelés « Soufis ». L'auteur a ensuite parlé du nom ( ÇÓã Çááå ÇáÃÚÙã ) suprême divin et qu'il est contenu dans la « Bassmala » et c'est probablement le nom « Allah »…

Le point de la lettre « B » de la « Bassmala » a attiré l'attention de plusieurs gnostiques et érudits, tel Sidi El Bekri qui a étudié ce point pendant 14 ans et n'a même pas développé une goutte dans un océan… L'auteur a ensuite traité le nom « Mohamed » et que toutes ses lettres sont « paires » dans le calcul des secrets des lettres, alors que les lettres du nom « Allah » sont toutes « impaires », à l'image de son unicité.

Le prophète Sidna Mohamed, qu'il soit salué par Allah est connu sous ce nom par les croyants ; il est appelé « Taha » ( Øå ) et « Yassine » ( íÇÓíä ) par Allah, Abdelkrim ( ÚÈÏ ÇáßÑíã ) par les habitans du paradis, Abdeljebbar ( ÚÈÏ ÇáÌÈÇÑ ) par ceux de l'enfer, ( ÚÈÏ ÇáãÌíÏ ) Abdelmajid au niveau du « Trône » ( ÇáÚÑÔ ), Abdelhamid ( ÚÈÏ ÇáÍãíÏ ) par les anges, Abdelouheb ( ÚÈÏ ÇáæåÇÈ ) par les prophètes, Abdelkahhar ( ÚÈÏ ÇáÞåÇÑ ) par les démons ( ÇáÔíÇØíä ), Abderrahim ( ÚÈÏ ÇáÑÍíã ) par les diables ( ÇáÌä ), ( ÚÈÏ ÇáÞÏæÓ ) Abdelkoddousse par les poissons, Abdesslam ( ÚÈÏ ÇáÓáÇã ) par les animaux carnivores, Abderrazzak ( ÚÈÏ ÇáÑÒÇÞ ) par les brutes ( ÇáæÍæÔ ), Abdemoumen ( ÚÈÏ Çáãæãä ) par les animaux herbivores, Abdelgheffar ( ÚÈÏ ÇáÛÝÇÑ ) par les volailles…etc.

L'auteur a ensuite traité les termes « Remerciement d'Allah » ( ÇáÔßÑááå ) et « louange à Allah » ( ááå ÇáÍãÏ ) ; d'ailleurs par le remerciement d'Allah sa grâce se conserve et ses faveurs se prolongent ; la porte du louange est la plus proche de Dieu ; toute promesse de Dieu nécessite sa volonté sauf les récompenses liées au louange ; Dieu a dit ( áÆä ÔßÑÊã áÃÒíÏäßã ) dans le Saint Coran « Si vous me remerciez, je vous en donne plus ».

L'auteur a parlé également de l'amour du prophète dont la récompense est d'être avec lui au paradis et d'être sauvé de l'enfer. Pour prouver cet amour il est recommandé de le saluer chaque fois qu'on entend son nom ( ÇáÕáÇÉ Úáì ÇáäÈí Õáì Çááå Úáíå æ Óáã ). Cette prière de salutation du prophète est récompensée par dix prières par Allah ; qui peut alors imaginer la grâce qu'il obtiendra avec une seule prière divine ? voire avec dix ou même 70 prières ?

L'auteur a traité la « khatmiah » ( ÇáÎÊãíÉ ) et la « katmiah » ( ÇáßÊãíÉ ) comme rangs spirituels du cheikh Tijani, qu'Allah soit satisfait de lui, l'intérêt de demander l'assistance d'un cheikh complet authentique comme guide vers Dieu, les risques que coure le disciple en associant un autre cheikh au sien ou en visitant d'autres saints en leur demandant bénédiction, comme si son cheikh lui est insuffisant ! L'auteur a aussi parlé de l'attrition ( ÇáÇÓÊÛÝÇÑ ) et la propitiation ( ÇáÊßÝíÑ Úä ÇáÐäÈ ), la Salate Fatihi ( ÇáíÇÞæÊÉ ÇáÝÑíÏÉ ) appelée aussi « El Yakouta El Farida », la Salate « Jawharate El Kamal » ( ÌæåÑÉ ÇáßãÇá ), la « Haïlala » ( ÇáåíááÉ ), les conditions de la Tarika Tijania , la citation de la « Fatiha » ( ÇáÝÇÊÍÉ ), l'invocation d'Allah ( ÇáÏÚÇÁ ) ainsi que du « Dzikre » ( ÇáÐßÑ ) en général.

A partir de ce livre de base, les principales règles du soufisme se présentent de la manière suivante   : Le soufisme est une science innée dans les cœurs des saints qui s'illuminent par l'application du Coran et du Hadith. Tous les musulmans qui s'appliquent à pratiquer ce qui est dans le livre saint et la Sounna , c'est-à-dire tous les croyants qui s'efforcent à acquérir la foi et la piété, voient s'injecter dans leur cœur des sciences divines, des valeurs de hauts degrés, des secrets et des vérités, directement de Dieu, sans intermédiaires et sans erreurs.

Le soufi, c'est donc ce pratiquant de la Shariâ , ce croyant, pieux qui ne donne aucune importance à ses intérêts matériels personnels et qui sent cette injection de sciences divines comblant son coeur. On peut donc classer le soufisme comme science indépendante ; on peut aussi le classer comme branche de la Shariâ , mais pour cela, il faut vraiment approfondir les connaissances dans les fondements et notions de base de l'Islam. D'une manière générale, lorsqu'un serviteur d'Allah emprunte une voie soufie donnée et approfondit bien ses connaissances dans le domaine de cette voie, alors Allah lui confie la force de déduction et d'extrapolation ; tel est le cas aussi des jurisprudentiels qui, pour certains problèmes, malgré l'absence de textes clairs dans le livre saint ou la Sounna , peuvent porter leurs jugements sur différents évènements apparents pour lesquels ils se sentent capables de déduire ce qui est obligatoire, facultatif, bienséant, défendu ou déplaisant.

C'est ainsi que les sciences divines injectées dans les cœurs des soufis ne peuvent jamais être déviées de la Shariâ puisque c'est celle-ci qui les conduit à Allah à chaque instant et c'est Allah qui leur ouvre directement ses sources de connaissances pour en prélever ce dont ils sont capables de comprendre. « El Jounaïd » ( ÇáÌäíÏ ) dit que la base du soufisme est le livre et la Sounna , contrairement à ceux qui croient à la divergence de ces deux sources de l'Islam.

Les savants sont également tous unanimes sur la nécessité qu'un Sheikh éducateur du soufisme doit être compétent dans la Shariâ , ses notions de base, ses spécificités, ses transcriptions ( ÇáäÇÓÎ ) et obsolescences ( ÇáãäÓæÎ ) ainsi que dans la langue arabe, avec les sens propres et figurés des termes utilisés. Donc, chaque soufi est un « Fqih » (jurisprudentiel), mais pas l'inverse. Tout opposant au soufisme ne reste dans son opposition que par ignorance de cette science.

Le Sheikh « Kotb eddine ben Aymane » ( ÇáÔíÎ ÞØÈ ÇáÏíä Èä Ãíãä ) raconte que le Imame Ahmed ( ÇáÅãÇã ÃÍãÏ ) encourage son fils à rencontrer les soufis parce qu'ils sont arrivés à un degré de piété et de sincérité dépassant de loin celui de leurs collègues jurisprudentiels. Le Imame Kocheïri ( ÇáÅãÇã ÇáÞÔíÑí ) a vanté les soufis dans ses publications, ainsi que le Imame Ahmed Ben Asâd yafiî dans son livre « Raoudatou Errayahine » ( ÇáÅãÇã ÃÍãÏ Èä ÃÓúÚÏ ÇáíÇÝÚí Ýí ÑæÖÉ ÇáÑíÇÍíä ) et le Imame « Abou Tourabe Nakhchabi » ( ÇáÅãÇã ÃÈæ ÊÑÇÈ ÇáäÎÔÈí ) qui dit que « si le cœur s'habitue à s'opposer aux soufis, il sera hostile aux saints et aux élus d'Allah ».

Le Sheikh Mohamed Maghribi Shadili ( ÇáÔíÎ ãÍãÏ ÇáãÛÑÈí ÇáÔÇÐáí ) conseille ses disciples à demander la voie des soufis qui sont en général rares, de fuir la voie de ceux qui ignorent le soufisme, généralement plus nombreux, et de se rappeler la demande de Moïse à « El Khader » pour le suivre afin de lui inculquer la science de la vérité. Telle est la preuve de la nécessité de la recherche de la vérité ( ÇáÍÞíÞÉ ), tout comme l'obligation du suivi de la Shariâ ; chaque domaine devant être considéré à part.

Le vrai savoir sur la vérité divine et sur tout ce qui est relatif à Allah et à l'autre monde ne doit être acquis que directement par infusion divine, sans intermédiaire, parce que tout ce qui nous arrive de l'autrui est biaisé et comprend des erreurs cumulées qui éloignent de Dieu et qui cachent la vérité. C'est ainsi qu'il est conseillé de suivre un Sheikh gnostique qui conduit ses disciples à la connaissance d'Allah selon la voie d'inspiration réelle, sans fatigue ni biais, comme pour le cas d'El Khader, qu'il soit salué par Allah. Il n'y a donc de savoir que ce qui est dévoilé et perçu, et non pas ce qui est déduit, raisonné, pensé ou deviné.

Par ailleurs, pour être prudent, en plus des sciences de la vie qu'on apprend au cours de notre formation ordinaire, il est recommandé d'apprendre aussi deux disciplines qui seront transférés avec l'individu au monde de l'au-delà, à savoir la connaissance d'Allah et la connaissance des étapes à franchir dans l'autre monde, afin d'éviter de dénier les différentes apparitions qui peuvent y avoir lieu et de ne pas démentir Dieu lorsqu'il dira devant tout le monde, le jour du jugement, « me voici » et croire qu'il est quelqu'un d'autre; il est donc fort recommandé d'acquérir ces deux connaissances avant de mourir afin de récolter leurs fruits ici-bas et à l'au-delà.

Le sheikh « Mohyi Eddine Arabi » ( ÇáÔíÎ ãÍíí ÇáÏíÜä ÚÑÈí ) dit dans son livre « Al Foutouhate » que la voie qui conduit au savoir des soufis est celle de la foi et de la piété. Dieu a précisé dans le Coran que les croyants pieux obtiendront la levée du voile « Fath » et la bénédiction à partir du ciel et de la terre ( æáæ Ãä Ãåá ÇáÞÜÑì ÂãäÜæÇ æÇÊÞæÇ áÝÊÍäÜÇ Úáíåã ÈÑßÇÊ ãÜä ÇáÓãÜÇÁ æÇáÃÑÖ ), c'est-à-dire Allah leur dévoilera les sciences qui concernent les anges (ce qui est haut dans les cieux) et les diables (ce qui est bas degré sur la terre), les secrets du « Jabarout » (espace au-delà du 4 ème ciel) ainsi que les lumières du « Moulk et Malakoute » (espace du globe terrestre au 3 ème ciel).

Dieu a aussi dit dans le livre saint que celui qui œuvre pour la piété ( æãä íÊøÞ Çááå íÌÚá áå ãÎÑÌÇ æíÑÒÞå ãä ÍíË áÇ íÍÊÓÈ ), un sentier lui sera créé et sera récompensé d'une manière qu'il ne peut deviner ; cette récompense est de deux sortes : spirituelle et corporelle. Dieu a aussi dit dans le livre saint ( æÇÊÞæÇ Çááå æíÚáãßã Çááå ) qu'il se charge de l'apprentissage des pieux, sans intermédiaire ; d'ailleurs, il a joint son nom d'essence « Allah » qui regroupe à la fois ses noms, attributs et qualités, à l'apprentissage des pieux. La signification du « Fath » dans le langage des soufis, c'est la levée du voile à l'âme, au cœur et à l'esprit pour acquérir des secrets de différents niveaux, conformes avec le livre saint et les hadiths du prophète, qu'Allah le salue.

L'élu de Dieu n'apporte jamais une nouvelle Shariâ mais plutôt de nouvelles significations et explications à des versets coraniques ou hadiths mal connus auparavant. Les opposants du soufisme n'acceptent pas ces nouvelles interprétations et les traitent de rénovations dans l'Islam ( ÈÏÚÉ ); leur intention est de les nier pour la simple raison qu'elles ne sont pas mentionnées par aucun ancien savant. Il est donc évident que celui qui a tendance à démentir les saints, ne peut pas exploiter leurs connaissances ; sa perte est ainsi énorme !

Et puisque les élus de Dieu et les savants ne font que suivre les traces des prophètes, qu'Allah les salue, en vue d'appliquer leurs recommandations, les gens se sont partagés en deux groupes : croyants et opposants. C'est un héritage prophétique. En effet, les croyants et les disciples des Sheikhs prendront le chemin des prophètes; les opposants, par contre, seront expulsés de leur entourage ( ÍÖÑÉ ) et sont, malheureusement, les plus nombreux ! Les gens refusent, généralement, les conseils et acceptent rarement, par jalousie, ceux qui se rangent parmi les formateurs, éducateurs et conseillers.

Allah a dit dans le saint Coran à propos du prophète « Noé » (æãÇ Âãä ãÚå ÅáÇ Þáíá) que ceux qui l'ont cru sont peu nombreux. Il a aussi dit ailleurs que la plupart des gens ne croient pas, n'entendent pas et ne (Ãã ÊÍÓÈ Ãä ÃßËÑåã íÓãÚæä Ãæ íÚÞáæä Åä åõãõ ÅáÇ ßÇáÃäÚÇã Èá åã ÃÖá ÓÈíáÇ) raisonnent pas ; ils sont plutôt comme des animaux et même pire. Le Sheikh « El Jounaïd » disait à « Chabli » : Ne dévoile pas le secret d'Allah lorsque tu parles aux gens ordinaires (voilés) et n'interprète les livres de monothéisme que lorsque tu es parmi les croyants soufis, sinon tous ceux qui les démentissent risquent d'être punis et exclus de la bénédiction divine à cause de toi.

Le Imame ( ÇáÅãÇã ÃÈæ ÊÑÇÈ ÇáäÎÔÈí ) « Abou Tourabe Nakhchabi » dit à propos de ceux qui démentissent les soufis : « Lorsque le cœur du mécréant prend la mauvaise habitude d'oublier Allah, il sera hostile à l'égard de ses élus ». C'est ainsi que les gnostiques ne parlent pas du monothéisme spécifique devant les croyants ordinaires, par pitié et par peur de les pousser à mal interpréter ce qu'ils ne comprennent pas et tomber dans le piège de commettre gratuitement des péchés sans s'en rendre compte !

« El Jounaïd » ne parle de monothéisme spécifique qu'au fond de chez lui, en présence d'une poignée de disciples de confiance, en fermant sa porte à clé et en mettant la clé sous son siège ; il dit pour se justifier de tel acte : « Voulez-vous qu'Allah soit démenti et qu'on nous soupçonne de mécréance et athéisme ». C'est ainsi qu'afin d'éviter d'ouvrir une discussion stérile sur la science divine de la vérité, la plupart des élus de Dieu interdisent ce type de débat et se contentent de dire : « Celui qui goûte de ce qu'on a goûté, ne trouve plus d'appétit à écouter les gens ».

Avant de donner une causerie dans ce domaine à ses disciples, « AbdAllah El Korchi » ( ÚÈÏ Çááå ÇáÞÑÔí ), demande d'en choisir une centaine (à partir de six cents), puis d'en sélectionner vingt, puis d'en extraire à peine quatre qui sont des érudits, gnostiques et disposant du « fath » (C'est-à-dire pour eux, le voile est levé). Le Sheikh leur dit « si je vous parlais de la science divine et des secrets de la vérité d'Allah, alors les premiers qui demanderaient mon exécution seront ces quatre meilleurs disciples ».

Par ailleurs, toute science a ses règles qui la régissent et qui précisent ses lois, que ce soit en jurisprudence ou ailleurs. C'est le cas aussi de la science de vérité, de dévoilement et des goûts ( Úáã ÇáßÔÝ æÇáÊÍÞíÞ æÚáã ÇáÃÐæÇÞ ) . L a principale règle de base qui ne laisse aucune ambiguïté dans la compréhension de cette science de vérité divine est la suivante : Dans le domaine d'une science donnée, le spécialiste peut concevoir qu'il a acquis un certain niveau de savoir et d'expertise dans la matière, mais il ne peut pas prétendre qu'il domine toute cette science. C'est le cas, par exemple, d'un physicien spécialiste en électricité, capable de concevoir et de calculer un projet donné, mais qui ne comprend toujours pas le secret de fonctionnement de l'électricité.

Il va de même pour la science de la vérité divine. Le savant doit comprendre qu'il n'a acquis que la connaissance de Dieu, mais jamais il arrive à connaître Dieu en tant qu'essence ; Dieu ne ressemble à aucune de ses créatures ( áíÓ ßãËáå ÔíÁ ). Toutes les créatures étant récentes, Allah étant ancien, on ne peut pas expliquer ce qui est ancien par ce qui est récent ! La conception finale à laquelle un gnostique peut arriver est que Dieu existe, son existence est obligatoire, qu'il ne ressemble à aucune de ses créatures, mais jamais on peut connaître ou imaginer comment il est ; comment est sa réalité ; son essence ... Dieu a dit que ses serviteurs ne peuvent pas le réaliser ni l'apprécier à sa vraie valeur (æãÇ ÞÏÑæÇ Çááå ÍÞ ÞÏÑå) .

Une fois cette règle est admise, il faut savoir qu'Allah a donné à chaque chose une forme externe apparente ( ÙÇåÑ ) et un fond interne caché ( ÈÇØä ) ; ceci est aussi vrai pour l'être humain qui a une forme externe et un fond interne. Cet être humain peut reconnaître et comprendre tout objet apparent grâce à son imagination et à ses cinq sens, mais le fond de cet objet lui reste, en général, caché. En effet, on peut, par exemple, sentir un parfum, mais cela ne suffit pas pour connaître sa constitution. On ne peut alors prétendre que ce parfum nous est connu ! On peut dire que c'est un parfum de Jasmin, par exemple, sa forme est liquide, mais son fond nous échappe toujours puisqu'on ignore les produits chimiques volatils qui le composent, sauf si l'on fait des analyses.

La science qui s'occupe de la connaissance du fond des choses est le soufisme. En effet, le soufi, à sa dernière phase d'apprentissage et de pratique, voit, s'exprime et agit par et pour Allah à tous les niveaux de sa perception. Le voile est levé pour lui ; il voit directement le fond des choses comme il voit leurs formes et apparences. Le soufi « complet » ( ÇáßÇãá ) est donc le seul à connaître la vérité.

Une fois ceci est compris, et sachant que Dieu, à son tour, dispose à la fois d'un nom divin apparent externe ( ÙÇåÑ ) et d'un nom de fond interne caché ( ÈÇØä ), alors toute personne qui souhaite acquérir une certaine compréhension du monde externe ne peut arriver à son but que si Dieu illumine son cœur par son nom «externe» ( ÇáÙÇåÑ ). Dans le cas où la lumière du nom divin atteind son fond, alors il comprendra le fond des choses, le fonctionnement et la constitution des objets, sans formation préalable, biaisée par des éducateurs intermédiaires, et sans peine ( ÚäÇÁ ).

Le fond ( ÇáÈÇØä ) de l'individu doit être directement illuminé par le créateur afin qu'il soit pur et authentique. Le soufi qui atteint ce niveau des connaissances de fond n'a donc plus besoin de raisonner, penser ou deviner pour arriver à la vérité ; celle-ci lui est injectée dans son cœur ; il ne procède que par clairvoyance dans tous ses actes et paroles. Il a donc la connaissance exacte et authentique de l'autre monde de l'au-delà, des sciences du secret divin et du monothéisme. Il n'a rien dans le cœur à part Allah.

Par ailleurs, cette règle sert aussi à caractériser tout être existant selon son classement dans l'ordre divin. En effet, exister c'est avoir un corps et un rang ( ÐÇÊ æãÑÊÈÉ ). Le corps est la réalité stable de l'individu dans la connaissance divine, par laquelle il se différencie des autres créatures. On peut apprécier ce corps par différents qualificatifs ; on obtient alors des cas divers ou «Ahwal» ( ÃÍæÇá ). Par contre, le rang ( ãÑÊÈÉ ) est apprécié d'une manière apparente ( á áãÑÊÈÉö ÃÍßÇã Ê ÙåÑ Ýí Çá æÌæÏ ÇáãÊÚíä á áÍÞíÞÊå ÇáËÇÈÊÉ ) par rapport à sa réalité stable.

Le rang est, en fait, la réalité relative de chaque objet par rapport à l'entourage qui l'expose à l'apparition et à tout ce qui en dépend. En effet, tout ce qui existe dans le monde n'est rien d'autre que des réalités différentes, apparues dans un univers unique, mais sous différentes formes et à de multiples rangs. L'appréciation du rang se fait par différents qualificatifs, à savoir que l'être humain est un serviteur de Dieu, qu'il est placé sous son règne et divinité, que son existence dans ce monde d'ici-bas a été possible pour jouer un rôle de miroir et d'élément d'apparition des attributs divins.

Rappelons que Dieu dispose d'un fond interne caché et d'une apparence externe. Le fond est l'essence divine ; l'apparence externe est le rang divin ( ÐÇÊ æãÑÊÈÉ ). L'essence divine ( ÇáÐÇÊ ÇáãÞÏÓÉ ) est, d'une manière absolue, au-dessus de toute explication et compréhension, puisque l'essence d'Allah est ancienne; elle ne peut pas être expliquée par ce qui est « nouvellement créé » ( áÇ íÝÓÑ ÇáÞÏíã ÈÇáÍÏíË ). Cette essence divine peut être appréciée, ce qui se traduit par différents cas ou « Ahwal » ( ÃÍæÇá ) comme, par exemple, la satisfaction ( ÇáÑÖÇ ), la colère ( ÇáÛÖÈ ), l'exaucement ( ÇáÅÌÇÈÉ ) et la gaieté ( ÇáÝÑÍ ); c'est ce qui est exprimé par les « occupations divines » ( ÇáÔÄæä ).

Dieu dit dans un verset du Coran que chaque jour il est dans une certaine occupation ( ßá íæã åæ Ýí ÔÃä ). Par contre, le rang d'Allah est la conception relative à sa divinité. Cette relativité est appelée couramment « divinité » ( ÃáæåíÉ ). Par rapport au créateur, elle constitue des signes d'influence sur les créatures, ce qui se traduit par des qualités appelées « appréciations divines » ( ÃÍßÇã ãÑÊÈÉ ÇáÃáæåíÉ ), comme, par exemple, la contraction ( ÇáÞÈÖ ), la détente ( ÇáÈÓØ ), le ravivage ( ÇáÅÍíÇÁ ), la mortification ( ÇáÅãÇÊÉ ), la coercition ( ÇáÞåÑ ).

C'est ainsi que l'attribution de l'univers à Dieu n'a de sens que par rapport à la conception de sa relativité divine, c'est-à-dire par rapport à son rang, à sa divinité, mais pas relativement à son essence.
    
 
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